Deux fois par semaine, le(a) directeur(trice) et M. Boulain partaient au marché du Puy très tôt le matin pour ravitailler la colonie. Lorsqu'on se levait, on les voyait revenir avec la Dauphine chargée à bloc de cageots de légumes et de fruits.
Le lever des colon(e)s était fixé à 7h30, la toilette collective suivait et le petit déjeuner se prenait dans le réfectoire au rez de chaussée. Les premiers jours de colo, la consommation de pain était impressionnante mais, heureusement, elle diminuait au fil des jours. Parfois le dimanche, le lever se déroulait en musique. Les dimanches matins, les enfants de la colonie allaient tous à la messe avec d’autant plus de ferveur qu’à la sortie les colon(e)s pouvaient aller à l’épicerie de La Mélina pour acheter gâteaux et bonbons dont ils étaient en manque. La colonie durait trois semaines et les parents ne venaient à la colonie qu’une fois dans le mois aussi les visites chez la Mélina étaient très attendues.

Vers 9h30 , de grandes tables étaient installées dans la cour sous les tilleuls. A tour de rôle des équipes étaient désignées pour "les pluches" afin d'aider les deux cuisinières, avant de passer aux activités manuelles adaptées à l’âge des enfants.
Les grand(e)s se lançaient dans la fabrication d’objets en plâtre, en terre glaise, puis ces objets étaient décorés selon le talent de chacun(e). Que de vases, pots, cendriers ont été façonnés amoureusement !
La corvée des pluches se faisait naturellement. M Boulain réglait les éplucheurs pour qu'ils fassent le moins de déchets possible.

REPAS DE MIDI :
Les équipes se rassemblaient en carré dans la cour, devant la colonie, chacune claironnant le nom de son équipe "Violettes....toujours discrètes" ou "Bleuets toujours gais" etc. ...puis rentraient dans le réfectoir en chantant "Oh là là là que j’ai faim chef, oh là là là que j’ai faim..." une habitude que le Père Duplay, grand chef scout, avait inculqué aux colon(e)s et aux monos. Mais le repas ne débutait pas avant d’avoir chanté le bénédicité, une prière chrétienne de bénédiction et d' Action de Grâce "Bénissez nous seigneur, bénissez ce repas ceux qui l'ont préparé et procurez du pain à ceux qui n'en n'ont pas, ainsi soit-il". Le menu était toujours toujours très copieux: le rôti de veau+purée de Mme Chazal a laissé des souvenirs inoubliables ainsi que ses pommes boulangères.
Des équipes étaient désignées pour le service du pain, de la boisson, eau + antésite préparée dans de grandes cruches en métal puis servie dans les pichets, la mise et levée de table et l'essuyage de la vaisselle.
Et...après le repas, la sieste pour tout le monde, préconisée par Jeunesse et Sport, les grand(e)s avaient le droit de lire quand même.
LE GOÛTER DE 16H :
C'était toujours pain+chocolat ou pâte de fruit, servi par les monos ou emporté dans de grands sacs à dos en toile pour être dégusté après la balade de l'après midi ou la baignade à la 2ème plage. Les déplacements se faisaient en chantant à gorge déployée, les habitants du village adoraient voir passer et entendre les jeunes colon(e)s, avec les parisiens l’animation était garantie.
La balade consistait parfois à aller à la cueillette des myrtilles dans les bois sur la route d’Espinasse. Chaque équipe transportait sa cruche, et c’était la course à qui remplirait sa cruche le plus vite. Au repas du soir, les myrtilles servaient de dessert, elles étaient préparées par les cuisinières. Les gagnant(e)s du concours de ramassage recevaient des friandises.
SOIRÉE À LA COLONIE :
Le repas du soir se déroulait comme à midi. Après une petite digestion dans la cour, c'était la veillée, une soirée festive bien différente chaque soir. Pendant ce temps là, deux moniteurs allaient chercher le lait à la ferme.
Parfois le cinéma, avec Le Chevalier Maudit en plusieurs épisodes, film réalisé par la colo des parisiens, parfois des sketches, des saynètes sur un thème donné. Les équipes étaient mises à contribution pour les préparer. Il y avait chez les filles des histoires de princesses et princes charmants. Cette préparation se faisait l’après-midi avec des costumes à réaliser et des textes à inventer, il fallait de l’imagination. Chez les garçons, beaucoup ont été marqués par l'histoire de Michel Strogoff, un roman d'aventures à travers la Russie de Jules Verne raconté par le moniteur Jean Liaboeuf, il les captivait avec sa façon de raconter, la suite était attendue avec impatience. La soirée se terminait toujours par un chant, une prière en remerciement pour la belle journée passée et....pour calmer les esprits.


LE CINQUIÈME REPAS:
Tous les soirs, après que les enfants soient endormis, les monos se retrouvaient au réfectoire pour prendre leur cinquième repas. Au cours de cette collation, avec l(a)e directeur(e) ils mettaient au point le programme de la journée du lendemain.
Ensuite, les monos finissaient la soirée au chalet, à côté de la colonie. La Vervaine du Velay laisse encore aujourd'hui de bons souvenirs à certains....
DES ACTIVITÉS PONCTUELLES...
Le jeu de piste,
Une fois dans le mois, les monos organisaient un grand jeu de piste dans les bois d'Espinasse ou au Petit Bois. Trouver les idées, les réaliser, les mettre en place dans la nature, tout était fait pendant la sieste des enfants.
La journée pique nique,
Mémorable aussi avec les grandes casseroles de salade de pâtes (les Tupperware n’existaient pas) qu’il fallait trimbaler avec les énormes boites de pâté Géo.
Le camping,
Les grand(e)s avaient droit à trois jours de "camp", une expédition qui les menait à Issarles ou à Cayres, avec le repas préparé sur un feu de bois, la nuit à la belle étoile ou dans une grange gracieusement prêtée par un paysan. C’était plus que rustique, mais quel dépaysement à cette une époque où le camping était peu répandu chez les mineurs.
Le grand voyage,
Il se déroulait en car pour marquer la fin de la colo, direction Le Puy, le Mézenc, le lac du Bouchet, le lac d'Issarlès ou encore le château de la Rochelambert. C’était l’occasion pour les colon(e)s de vider leur porte monnaie afin de rapporter des souvenirs à leur famille.
La visite des parents,
Vers le milieu du mois, les colon(e)s recevaient la visite, sur une journée, de leurs parents. Le voyage de Beaulieu à Goudet se déroulait en car Flouret comme pour le tranport des colon(e)s au début de chaque mois. C'était le branle bas de combat dans toute la colonie pour accueillir les parents. Nettoyage complet du bâtiment, préparation de sketches, anxiété des plus jeunes, les enfants étaient âgés de 6 à 14 ans. Le repas de midi se déroulait en deux services, d'abord les enfants et ensuite les parents, les monos faisaient le service. À la fin du repas, une tombola était organisée avec, entre autres, des canes à pêche à gagner. L'argent récolté servait à alimenter la caisse de l'abbée Duplay pour les sorties. Des jeux se déroulaient devant la colonie et le soir pour le départ certains colon(e)s étaient tristes de laisser partir leurs parents.

